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PLAIDOYER POUR UN ARBRE MORT

Jusqu’à il y a peu, les arbres morts n’avaient pas bonne cote ; on s’en débarrassait rapidement comme on l’aurait fait d’un cadavre encombrant.

Mais voilà, on s’est aperçu que quantité d’organismes dépendaient du bois mort pour leur survie. Il était temps. Prenons le cas des insectes saproxyliques (c’est-à-dire qui dépendent du bois mort pour leur cycle de vie), essentiellement des coléoptères : sur les quelques 1900 espèces recensées, près de la moitié figurent sur les listes rouges d’espèces menacées d’extinction de différents pays d’Europe de l’ouest. Certaines espèces sont d’ores et déjà éteintes. Le Museum d’Histoire naturelle de Paris a demandé aux entomologistes de dresser un état des lieux. L’inventaire est en cours.

Peu à peu, l’opinion publique prend conscience des dégâts. Des mesures commencent à être prises.

A Lille, c’est Eric QUIQUET qui, à partir de 2001, a fait évoluer une situation qui s’avérait assez catastrophique. La gestion écologique des parcs (produits phytosanitaires prohibés, reboisements, maintien du bois mort pour les insectes, etc.) a été récompensée en 2007 par ECOCERT, organisme certificateur pour les produits issus de l’agriculture biologique. Lille fut la seconde ville en France, après Paris, à recevoir ce label. Actuellement, c’est Yohan TISON qui a pris le relais et qui poursuit le travail ; c’est ainsi qu’on peut désormais trouver des troncs d’arbres morts dans les parcs urbains tels que celui de la Citadelle ou celui des Bois Blancs…

A Carvin, on n’en est pas (encore) à laisser les arbres morts dans le parc de l’hôtel de ville, mais les choses évoluent vite grâce à l’impulsion du responsable des parcs et jardins, Sébastien GAVORY. La situation est différente de celle de Lille : quand l’exploitation de la craie a cessé à Malbezin et celle du charbon au Tour d’horloge, la végétation a reconquis spontanément ces endroits. Ils ont alors été utilisés à des fins, non pas sylvicoles, mais cynégétiques. Ils ont donc été laissés à eux-mêmes et des arbres morts sont naturellement apparus. En définitive, cette « négligence » a été très profitable… L’erreur aurait bien sûr été d’enlever ces arbres morts quand ces lieux sont devenus des parcs urbains. Il y a tout un travail pédagogique à faire pour réhabiliter le bois mort. Ce n’est pas une chose impossible : que l’on considère le changement d’image des terrils : c’étaient des « verrues noires » dans les années 1970 ; ils sont désormais inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

A l’échelle individuelle, on peut reprendre les engagements proposés par la Régie de Quartier IMPULSION dans le cadre de l’opération « La Nature dans mon jardin » : aménager dans le jardin des espaces de biodiversité, accueillir des espèces animales. En l’occurrence, on peut créer un coin « bois mort » dans le jardin ; certains insectes dépendent des branches mortes pour pondre leurs œufs, notamment les très utiles abeilles solitaires (80 % des abeilles sont des espèces solitaires ; aucune ne pique). On peut leur installer ce que l’on appelle des « hôtels à insectes ».

Jean-Patrice MATYSIAK

 



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